Expérience de reportage – Flores, Silleteros et Santa Elena – Medellín

Medellín, la ciudad de la Eterna Primavera, quel plus beau surnom pouvait-on déposer aux pieds de ses lettres? Comme un hommage à ses plus de 3 millions de sourires. Effervescente de jours comme de nuit, illuminée par ses milliers de lumières scintillantes à la période de Noël. Vous tomberez subjuguer par la vie frétillante qui se logent dans les maisons des comunas de briques rouges, jusque dans l’avenue la plus bouillante du centre ville (la 70, pour ne pas la mentionner.). Je vous conseille de l’admirer à la tombée de la nuit, du haut de ses nombreux points de vue, quand elle se pare de ses plus belles couleurs, oui, prenez le temps de l’observer, là, depuis ses miradores. J’ai mon préféré que je garderais secret.

La ville à l’éternel printemps!? Une citation opposant directement son histoire connue de ces dernières années, de violences et de deuils, à l’art inébranlable, à sa culture éternelle et à ses traditions inviolables, remontant pour certaines d’avant l’époque colonial.

La ville à l’éternel printemps!? Ornée de ses douces collines, réchauffée par son climat tempéré, par les rayons de son soleil comme si la ville en possédait un et le reste du Monde, un autre, méticuleusement épinglé entre les nuages qui voguent dans son ciel..

Nous pouvons tous se raccrocher à un symbole de cette saison, le mien? Les fleurs!

Car Medellín c’est aussi et surtout la feria de las flores! Mi août, elle devient une toile d’impressionniste de Claude Monet, des milliers de fleurs parsèment son tracé, une envolée picturale qui ne laisseront pas insensibles les moins romantiques d’entre vous. En effet, chaque année depuis 1957, en hommage au culte de la féminité et à la fécondité, ces Silleteros défilent à Medellín avec leurs Silletas, petites chaises traditionnelles, témoins du passé indigène et Basque de la région. Les silletas sont préparées par leurs soins de compositions florales resplendissantes, les unes plus belles que les autres. Cette tradition tient son point d’orgue lors du défilé de Silleteros dans la ville, où chaque silleteros descendent de Santa Elena, petite localité à quelques kilomètres de Medellín, avec leurs plus belles compositions.

Cette Fête réunit chaque année plus de 500000 personnes. C’est donc une véritable tradition, inscrite au patrimoine immatériel culturel de la nation.


View on a small building in front of horticultural fields, Santa Elena. Vue sur une petite bâtisse devant des champos horticoles, Santa Elena.

Santa Elena


Les Silleteros avec leurs fleurs multi-couleurs sur le dos sont donc les symboles et les garants d’une tradition de la région de l’Antioquia et sont dignes héritiers du passé multi-culturel Colombien. Ils ont traversé le temps pour arriver jusqu’à nous, un savoir transmis de génération en génération par les familles Atehortua, Londono, Grisales, Zapata, Grajales, Alzate…entre autres.

A 1h environ, située à l’Est et à une vingtaine de 20 km, vous pouvez découvrir Santa Elena, l’une des 5 communes de Medellín. Elle peut être définie comme le berceau de la culture Silletera, la majorité de ses habitants sont des agriculteurs, que dis-je!? Des horticulteurs aux chapeaux Aguadeno, mémoire d’une culture et d’une part d’histoire.

Et c’est donc sur les marches de l’Eglise et ses lignes coloniales de Santa Elena, en attendant patiemment que l’épais brouillard matinal couvrant les vallons se dissipe. Que je vous conseille de visiter ses bâtisses aux parcelles verdoyantes misent en lumière par les premiers rayons de midi qui transpercent cette toison blanche. Elles laissent leurs portes ouvertes aux plus curieux voulant embrasser passionnément les traditions florales de la vallée de Aburra.

J’ai eu ce plaisir de vivre des expériences riches en émotions avec l’un d’entre eux. Par l’intermédiaire d’amis faisant plonger à un rythme quotidien, ses touristes et oiseaux de passages avec leurs agences respectives, dans un bain de coutumes aux 4 coins de la ville.

Un échange culturel commençant comme à l’accoutumé autour d’une plat traditionnel Antioqueno, « la bandeja paisa » ! Que nous a préparé généreusement le couple d’horticulteurs charmant qui nous ouvrent aujourd’hui l’accès à leur(s) jardin(s) d’Éden. Tous les deux élégamment vêtus du traditionnel costume Silletero accompagnés de leurs coiffes, que nos hôtes se chargeront avec gaité d’expliquer par la suite, les différentes particularités.

M’accrochant comme hypnotisé, à l’envie de m’imprégner de leurs savoirs et connaissances, de leurs anecdotes et souvenirs, qu’ils tiennent à transmettre avec passion, avec cet amour, cette fierté caractéristique des Silleteros, je me laisse pourtant distraire par des paroles d’une musique qui se font de plus en plus bruyantes dans ma tête. Elles m’ont accompagné du centre ville de Medellín où nous avons pris le bus pour Santa Elena, jusqu’à cette fenêtre du salon donnant sur ces parcelles de fleurs aux couleurs chatoyantes.

Plus au loin encore, je devine d’autres fincas et les nombreuses serres logées dans ses vallons, puis je me mets à fredonner cette chanson qui finie de me convaincre de la beauté du lieu et du moment, avant de manger ma première cuillerée de frijoles.

« Medellín eterna primavera, son tus mujeres rosas; Que adornan el jardín del Valle de Aburrá… »


Série photographie complète:
https://hanslucas.com/rodrigo/photo/22067

Rodrigo

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